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10e anniversaire de l’Union africaine de radiodiffusion sur fond de réflexions

En marge des activités du 10e anniversaire de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR), se sont tenues à Dakar des activités pour repenser l’action des médias audiovisuels traditionnels africains. Hommes de médias, décideurs publics et spécialistes de l’information du continent africain et du monde ont tenté de donner des réponses aux défis actuels des médias radiodiffusés.

Dans la configuration actuelle du paysage médiatique africain, les dinosaures de l’activité médiatique audiovisuelle ont du mal à confirmer leur leadership. Ces organes de radiodiffusion sont en grande partie nés au cœur du processus d’indépendance des États dans les années 1960. S’ils ont longtemps fait la pluie et le beau temps de l’activité audiovisuelle dans l’univers monopolistique des médias africains postcoloniaux, il leur est de moins en moins facile de faire excuser leurs insuffisances. Surtout avec des publics de plus en plus exigeants, pour avoir mangé de la pomme du pluralisme médiatique et bu au vin de l’information numérique.

Comment retrouver la gloire ?

Les difficultés sont de quatre ordres : la qualité de l’information et des contenus diffusés, le numérique, la compétence technique, et les financements. La potion magique à base de ces quatre ingrédients demande à être cuite sur un très bon feu de bois appelé par péjoration implicite « médias publics ». Serait-ce faire l’apologie d’une incapacité des médias publics africains à relever des défis aussi actuels ?

Les insuffisances sont pourtant réelles. Les activités du 10e anniversaire de l’Union africaine de radiodiffusion ont tenté de mener des réflexions sur ces questions pour, selon Grégoire Ndjaka, président de l’UAR, pour « activer une action dynamique au regard des décisions qui les concerne ». Mais que faut-il faire concrètement pour rassembler ces quatre éléments nécessaires au rayonnement de la radiodiffusion en Afrique ?

Redonner son sens à la notion de média public

L’effort de collaboration des organes des différents pays autour de l’UAR est salutaire. Toutefois, relever les défis actuels est plus une question de volonté de chaque entité. L’entreprise médiatique publique africaine ne pourra s’affranchir et se repositionner qu’en évoluant avec ses publics dans sa vision éditoriale (taxée de gouvernementale) et dans son appropriation des outils numériques. Cela passe plus par la volonté des hommes des médias, seuls garants réels des contenus médiatiques. Seule leur détermination permettra de redonner à la radio et à la télévision publique toute leur quintessence.

Des contenus africains pour des publics africains

La question de la diffusion de contenus africains, « expression de la souveraineté et de la diversité de l’Afrique », selon le président de l’UAR, est mise à l’épreuve par leur cherté. Cela, dû au coût élevé des productions. La solution de partenariat de production avec les organes de radiodiffusion pourrait permettre de résoudre ce problème et garantir l’accès des productions africaines aux cieux africains. La panoplie de choix que permet le pluralisme médiatique, doublé de la diffusion des médias internationaux accentue le challenge actuel de la radiodiffusion africaine. La véritable bataille est de forcer la sortie du carcan des médias traditionnels, désuets et archaïques, pour arriver à proposer aux publics des contenus informatifs et distractifs répondant à leurs attentes.

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