Afrique de l'Ouest Asie du Sud-Est

Olivier Languepin : « les frontières sont floues entre blogueurs, journalistes et community manager »

Logos de Thailande-fr et des Nouvelles de Dakar.

Envie de voyager, de vivre une « expérience originale », d’être son propre patron, les journalistes free-lance tente l’aventure de l’autre côté du globe. Interview croisée de Olivier Languepin créateur, il y a 10 ans de Thailande-fr et de Pauline Bouveau, qui a suivi les traces de son maitre de stage, pour lancer Les Nouvelles de Dakar en 2015.

Quelles ont été vos motivations à partir ?

Olivier Languepin : Avant, j’étais correspondant à l’étranger, j’ai beaucoup voyagé, mais les grands reporters n’existent plus ! Après deux années passées à Cuba, j’ai tenté de lancer mon site d’information sur le pays. Mais je n’étais plus sur place et les taxes étaient trop élevées en France. En six mois, c’était fini. Partir était la seule solution pour devenir mon propre patron. De plus, je ne voulais pas voir le milieu des médias dans son état actuel, sans moyen avec un lectorat déclinant. Il faut chercher de nouveaux modèles pour être rentable, s’adapter. J’ai profité de l’évolution pour faire autre chose. Ici, je me sens plus à l’aise, j’ai ma liberté et ma propre ligne éditoriale.

Pauline Bouveau : Après mon stage à Bangkok, j’avais envie de repartir à l’étranger et l’occasion s’est présentée de m’installer à Dakar. Il est vrai que j’ai toujours eu du mal à m’imaginer salariée dans une entreprise. Lorsque j’ai lancé Nouvelles de Dakar et que j’ai commencé à gagner mes premiers revenus, j’ai senti que j’étais beaucoup plus à l’aise en étant indépendante, même si les revenus que je perçois sont moins élevés que si j’étais salariée. Je fais les choses à ma manière, comme j’ai envie de les faire. C’est un réel luxe.

Dans quelles conditions avez-vous pu vous lancer ?

OL : Il y a 10 ans en Thaïlande, il n’y avait pas de coworking space, les start-ups n’existaient pas. Bangkok était un bon compromis, un cout de la vie bas avec de bonnes infrastructures. Mais pendant deux ans je n’ai rien gagné, ça ne se fait pas comme ça (il claque des doigts). J’ai des horaires étendus, mais je n’ai pas de regret, c’est une expérience un peu originale.

PB : Pour le lancement du site, cela ne m’a quasiment rien couté. Je l’ai créé moi-même en regardant des tutoriels sur internet. Pendant 1 an et demi, j’ai travaillé seule depuis chez moi. La contrepartie de cela c’est qu’on n’a aucun recul sur ce que l’on fait. Les débuts ont été très difficiles, car j’avais vraiment peu confiance en ce que je faisais. Aujourd’hui, je suis dans un vrai bureau. Je suis soulagée d’avoir pu trouver un environnement de travail. Surtout que j’ai recruté depuis février Clémence, pour me seconder sur la rédaction des articles.

En tant qu’entrepreneur, votre métier vous demande-t-il d’être plus polyvalent ?

OL : Les frontières sont floues entre blogueurs, journalistes et community manager. De plus, je n’ai pas de webmaster, mais je me suis toujours intéressé à l’informatique.

PB : Je pense que lorsque l’on monte un média comme NDD, on est obligé de toucher à tout, donc je ne dirais pas que je suis « journaliste », je suis tout à la fois. Je dirais plutôt que je suis entrepreneur. Car aujourd’hui je passe plus de temps à faire de la prospection commerciale qu’à faire du rédactionnel et encore moins du terrain, faute de temps.

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