Amérique du Sud

Colombie : pas de paix pour les journalistes

Dix personnes, dont une journaliste, ont été kidnappées le 28 janvier en Colombie. L’enlèvement a eu lieu dans la région de Catatumbo, au nord-est du pays. Malgré les négociations pour la paix avec les guérillas des FARC et de l’ELN, les menaces à l’encontre des médias sont toujours d’actualité. 

Quatre ans de négociations

2017 commence mal pour la profession. La journaliste Lorena Pérez Vergel, travaillant pour Radio Sonar, fait partie des dix personnes capturées par un groupe rebelle. D’après les premières déclarations, les ravisseurs font partie de l’Armée populaire de libération (EPL). Cette guérilla d’idéologie communiste est censée avoir déposé les armes, mais quelques individus restent mobilisés et continuent de perpétrer des actes de violence.

Bien que le président Juan Manuel Santos œuvre depuis 2012 pour instaurer la paix, les journalistes continuent de subir de nombreuses pressions. Le cessez-le-feu des FARC-EP est précaire, et les négociations avec l’Armée de libération nationale (ELN) viennent à peine de commencer, et ne signifient pas que les enlèvements et agressions ont cessé. Au-delà des guérillas, il faut ajouter d’autres groupes délinquants qui menacent toujours les citoyens, journalistes compris.

Les médias privés de paix

La Fondation colombienne pour la liberté de la presse (FLIP) signale de nombreux délits commis à l’encontre des journalistes depuis le début de l’année. À titre d’exemple, elle fait état de deux tentatives d’homicide, cinq cas de menace et quatre cas d’agression pour le seul mois de janvier. Ce qui est arrivé à Lorena Pérez Vergel est loin d’être anecdotique : deux semaines plus tôt, Andrés González et Cristian Herrera, journalistes du quotidien La Opinión, ont fait face à une tentative d’assassinat.

En 2016, la FLIP a recensé 36 agressions, 90 menaces, quatre rapts et deux détentions illégales parmi les 216 violations commises à l’encontre des professionnels de l’information. L’organisation publie un rapport chaque année en février. Il récapitule de manière plus complète toutes les entraves au travail journalistique et les défis de la profession.

L’enlèvement de Lorena Pérez Vergel suscite l’inquiétude de la fondation, qui a appelé le président Juan Manuel Santos à prendre des mesures. « Les trois derniers enlèvements ont touché 7 journalistes et tous ont eu lieu dans la région de Catatumbo. Il y a urgence à fournir des garanties dans tout le pays », dit-elle sur Twitter.

De nombreuses menaces 

D’autant que les journalistes ne sont pas seulement menacés par les groupes armés. Si les auteurs de menaces restent anonymes dans un tiers des cas, selon la FLIP, les forces de police elles-mêmes se rendent parfois coupables d’intimidation voire d’agressions. Autant dire que la liberté de la presse est encore loin d’être acquise en Colombie.

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