Amérique du Nord

Y a-t-il un rapport pour sauver les médias canadiens ?

Rien de nouveau sous le soleil, la presse va mal. Laissés de côté au profit des réseaux sociaux et de l’information gratuite, mis à mal par les fakes news, les médias canadiens traversent la même crise que celle que connaissent leurs confrères ailleurs sur le continent américain ou en Europe.

Le Forum des politiques publiques (FPP) a commandé un rapport se concentrant sur l’avenir des médias canadiens. « Le Miroir Éclaté: Nouvelles, démocratie et confiance dans l’ère numérique » a été rendu public le 26 janvier dernier. Cette vaste étude est notamment composée de douze recommandations portant principalement sur le législatif et le financier. Elle tente aussi de cerner quels impacts peuvent avoir sur l’exercice de la démocratie les pertes de revenus de la presse.

Google et Facebook ont la main sur les revenus publicitaires 

Au Canada, les géants Google et Facebook, forts de leurs popularité, absorbent 70 % de l’ensemble des revenus publicitaires sur internet. Pour contrer les effets pervers de cette évasion pécuniaire, le rapport souhaite que le gouvernement fédéral mette en place un « Fonds pour l’avenir du journalisme et de la démocratie », financé par une taxe imposée aux sociétés étrangères citées plus haut. Ce fond, qui pourrait s’élever à 300 voire 400 millions de dollars par an, soutiendrait des projets visant à maintenir l’industrie des médias canadiens face à l’ère numérique.

La crise des médias, une menace pour la démocratie

Les Canadiens sont catégoriques : un journalisme fort et indépendant est fondamental. Il est considéré comme le chien de garde de la démocratie. Pourtant, la main mise des géants américains sur les revenus publicitaires affaiblit les sources des revenus aux médias année après année. Par conséquent, les effectifs des rédactions et le contenu fiable diminuent. Moins de contenu fiable, c’est moins d’information sur son quotidien, sur son gouvernement, sur son pays.

Le rapport explique que c’est la diversité de l’information qui permet au peuple de participer activement à la démocratie. Les lecteurs n’ont pourtant jamais autant été submergés par l’actualité, les fake news et bait clicks qui se multiplient sur les réseaux sociaux et les moteurs de recherche s’ajoutant aux dépêches bien réelles et toujours plus nombreuses.

Régulièrement, on retrouve des fake news concernant le Premier ministre Justin Trudeau. Elles prennent parfois une ampleur considérable. L’une concernait l’ouverture de magasins de marijuana partout au Canada, l’autre annonçait que le Premier ministre avait interdit l’accès au territoire canadien à Donald Trump. Ces fake news étaient en fait rédigées par deux adolescents sur leur site satirique HotGlobalNews.com, mais beaucoup de personnes les ont crues et elles ont été largement relayées sur les réseaux sociaux.

Enfin, le rapport recommande à la société Radio-Canada, le principal radiodiffuseur public canadien, de partager gratuitement son contenu numérique avec tout éditeur afin de devenir  fournisseur public universel d’un journalisme de qualité. Une directive déjà critiquée et qui mettrait à mal la « diversité des voix » selon ses détracteurs.

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