Amérique du Nord

« Daily 360 » : une nouvelle manière de traiter l’information

Bâtiment bombardé par un raid aérien, avec un champ de vision à 360° dans l’application NYT VR.

Le New York Times a lancé il y a quelques semaines un nouveau dispositif immersif du nom de « Daily 360 ». L’utilisation de la réalité virtuelle marque l’émergence d’une nouvelle ère journalistique.

Après son application NYT VR sortie en novembre 2015, le New York Times a décidé de s’associer avec Samsung pour diffuser de petits reportages filmés à 360 degrés. Les vidéos sont publiées chaque jour de la semaine sur YouTube. L’objectif est de laisser le spectateur « s’orienter par [lui-même] », explique Graham Roberts, « senior graphics editor » du New York Times, « il faut lui laisser le temps de regarder autour de lui, d’explorer les expressions des gens. »

Une objectivité (quasi) absolue

La réalité virtuelle tend à effacer toute trace de subjectivité journalistique. En un mouvement de tête ou clic de souris, c’est le spectateur qui choisit ce qu’il veut voir et détermine son angle. Rien ne lui est imposé. Dans une seule et même image, il peut trouver plusieurs informations. Le reportage ne peut pas être regardé deux fois de la même manière : chacun aura une version différente en fonction de sa sensibilité et de ses choix, chaque lecture est une expérience unique.

Bien que le journaliste semble absent du reportage, c’est lui qui filme les plans séquence de la vidéo et les assemble. Celle au Yémen, par exemple, a été réalisée par Ben Hubbard, un reporter du Times Middle East, et par Tyler Hicks, un photographe qui a gagné le prix Pulitzer.

Un journalisme de plus en plus numérique

« Daily 360 » est une nouvelle manière de faire du journalisme. Habituellement destinée au divertissement, la réalité virtuelle peut être au service de l’information. Comment couvrir un évènement majeur tel que les attentats de Paris sans faire du déjà vu ? Le New York Times a tenté de relever le défi en proposant un reportage au plus près des victimes. Dans la vidéo, les personnes se recueillent, se serrent dans les bras et pleurent. Le spectateur, au milieu de cette foule attristée, se sent naturellement impliqué.

Le premier reportage mis en ligne par le journal américain se déroule au Yémen. Le spectateur se retrouve au sein d’un bâtiment bombardé par un raid aérien, attaque faisant une centaine de morts. « On est vraiment dans le journalisme de sensation, d’émotion. […] Il ne manque que l’odeur, finalement. Ça vient chercher beaucoup de nos sens » affirme Jean-Philippe Cipriani, chef des nouvelles numériques au journal canadien La Presse. Le but de ce projet est d’amener le public en immersion au cœur d’un évènement et donc au plus près de l’information brute.

La technologie permet une nouvelle forme de journalisme. Plus ludique, elle permet de capter davantage l’attention du spectateur. Sur le terrain et par le biais de la réalité virtuelle, c’est lui qui s’approprie l’information.

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