Amérique du Nord

La voix de Voice of America

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Logo de Voice of America.

 

Depuis le premier février 1942, Voice of America émet ses ondes un peu partout dans le monde, avec comme objectif de « présenter un tableau équilibré et complet des pensées et institutions américaines ». VoA réalise ses plus grosses audiences dans les pays en développement : elle se donne pour mission de les informer clairement et objectivement… mais surtout d’y véhiculer les idées libérales américaines.

Pour comprendre la volonté de VoA de faire entendre sa « voix », il faut revenir à sa création. Pendant la Guerre froide, la diffusion d’informations à l’étranger permet à VoA de propager l’idéologie capitaliste derrière le rideau de fer. La radio est à cette époque-là un instrument de diffusion des convictions américaines, sur le mode du soft power, qui consiste à renforcer l’influence des États-Unis non par les armes mais par la culture.

Interdiction de diffuser aux États-Unis

Si les ondes de VoA sont aujourd’hui diffusées en 44 langues et dans plus d’une cinquantaine de pays, il lui est interdit d’émettre directement aux États-Unis en direction des citoyens américains. La raison de cette interdiction ? Une question de propagande, régie par le Smith-Mundt Act de 1948 : le président démocrate Harry Truman tenait à empêcher les Républicains de promouvoir leurs idées à travers VoA. C’est pourquoi la charte de Voice of America annonce que « la VoA représentera l’Amérique et non un segment donné de la société américaine ». Cependant aujourd’hui avec la possibilité d’écouter ou de regarder des podcasts sur internet, la loi d’interdiction d’émission sur le territoire américain n’est plus vraiment utile.

Dans les programmes télévisuels et radiophoniques, il n’y aucune publicité : VoA est en effet un service public financé intégralement par le gouvernement des États-Unis, sous la tutelle du BBG, le Broadcasting Board of Governors. Le directeur de ce bureau est nommé directement par le président des États-Unis. Selon la charte du BBG, sa mission est d’« informer, engager et de connecter les gens du monde entier autour des questions de liberté et de démocratie. » Le BBG comprend Voice of America, mais également the Office of Cuba Broadcasting (OCB), Radio Free Europe (RFE), Radio Free Asia (RFA) et the Middle East Broadcasting Networks (MBN). Cela représente en tout 62 langages différents.

Une volonté de s’adapter aux nouvelles technologies

Au sein du BBG, VoA est la radio la plus diversifiée, car elle ne couvre pas une région du monde, comme Radio Free Asia par exemple, mais le monde entier. Le service français emploie environ 50 personnes, qui travaillent pour émettre strictement dans les 24 pays francophones africains, à destination de plus de 120 millions de personnes. Parmi tous les services de VoA, « French to Africa » est celui qui possède la plus grosse présence en ligne : la page Facebook de VoA Afrique est passée de 0 à 900 000 likes en deux ans et demi.

Aujourd’hui, pour le vieux bureau du Broadcasting Board of Governors, le défi est de s’adapter aux nouvelles technologies pour ne pas se faire dépasser par la concurrence, plus jeune, plus dynamique. S’adapter aux nouvelles technologies donc, pour d’une part coller à l’évolution des techniques du journalisme, et d’autre part convenir à la demande des pays de diffusion, qui n’ont parfois pas les mêmes possibilités en termes de nouvelles technologies. Tel est le challenge du Broadcasting Board of Governors.

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